Mardi 14 avril 2009
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J'ai été réveillé par ma propre toux. Je croyais avoir ouvert les yeux pourtant autour de moi tout restait noir. Je suffoquais et les rares bouffées d'air que j'arrivais à engouffrer de
force dans mes poumons avaient l'odeur et le goût du bois pourri, auxquels s'ajoutaient de légères fragrances d'odeurs humaines, pas les plus agréables j'ai pensé. J'étais sur le dos et j'avais les
yeux grands ouverts et en reprenant mes esprits ou du moins ce qu'il en restait je repensais à cette chouette qui des années plus tôt m'avait. N'y pense pas. Pendant un instant ça m'a amusé,
ou presque, de constater que ce qui montait en moi c'était la panique et la volonté de sortir de cet endroit.
Alors j'ai commencé à bouger un bras, le droit. Il était bloqué. J'ai tendu mes doigts le plus possible vers la droite, ce qui ne devait représenter que quelques centimètres, et j'ai d'abord
senti une matière molle et froide, du bout de mon index. Puis j'ai tenté d'attraper quelque chose. J'ai réussi et c'était une main, humaine, j'ai supposé. C'est une main j'ai pensé et au bout de
cette main il y a quelqu'un ou quelque chose et j'ai failli hurler. C'était froid et je sentais le contour des doigts qui se nichaient au creux de ma paume comme pour se réchauffer et ça me donnait
envie de vomir.
On m'avait enterré. Qui, je n'en savais rien et même si la question m'a traversé l'esprit ça m'importait finalement assez peu dans ma situation. Je ne pouvais pas bouger et je sentais ma
poitrine se serrer sous l'effet de la panique, je ne respirais plus que très difficilement, tout ce qui traversait ma tête c'était des images d'oiseaux sur le dos et elles défilaient et ma
panique empirait. Je ne pouvais rien contrôler mais il n'y avait rien à contrôler puisque je ne pouvais absolument pas bouger, ou presque. Tout s'est aggravé encore quand à ma gauche j'ai
entendu quelqu'un gémir ou soupirer ou grogner.
Par Pierre Poing
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