Dimanche 19 avril 2009
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22:13
Je ne suis pas vraiment pressé de m'éveiller. Même si le rêve dans lequel je suis plongé est terrible, cela ne peut pas être pire que dans le réel. Il y a d'abord cette femme qui me
poursuit, le ciel est rouge et elle court sur la route, derrière moi, je sais que si elle me rejoint, ce sera la fin. En même temps, je suis vaguement attiré par elle et évidemment je trébuche, et
je ne parviens plus à me relever, elle approche très vite, la panique m'envahit. Le sol s'ouvre sous moi et m'avale, la terre est parfois un salut. Je suis pris entre des parois rouges et veinées
de bleues ; c'est un gosier géant, qui de ses muscles titanesques assure ma progression vers le bas.
Après cette descente, j'arrive dans une pièce circulaire. Je suis seul avec un petit animal à fourrure que je crois n'avoir jamais vu. Je suis pris d'une rage terrible et je le saisis
afin de le cogner, de toutes mes forces, contre les murs. Au début, tout fonctionne bien : chaque coup fait jaillir son sang et craquer son petit corps, et bientôt des plaies profondes
apparaissent, qui me laissent entrevoir l'intérieur malade de la bête : des organes étranges, verdâtres, presque pourris. Puis l'animal reprend son aspect premier, je continue à le frapper de
toutes mes forces et à le projeter contre les murs, mais cela ne lui fait plus rien. Ma rage se double d'un sentiment d'impuissance terriblement profond.
Enfin je retourne dans la grotte et je vois ma famille massacrée au coin du feu. Leurs crânes sont cabossés et ils saignent de plusieurs endroits, là où les balles les ont touchés. Mais ils
discutent comme si de rien n'était et font cuire un lapin. Je les observe, caché depuis un coin sombre. Tous ensemble ils tournent les yeux vers moi et me fixent. Je me réveille et quand j'ouvre
les yeux tout reste noir, tout ce que je sens, c'est une odeur de cadavre, je ne peux pas bouger, je ne sais pas où je suis, je panique. Je gémis et je pense que c'est quand on ne cauchemarde plus
que tout va vraiment mal.
Par Pierre Poing
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Mystère !